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Le monde a besoin de bons pères

Carl Anderson, chef des Chevaliers de Colomb, nous entretient sur la façon de s’engager dans les Pères pour bien faire


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La discipline pour les débutants

Récemment, il y eut ce moment précis où, dans le cas de mon fils de quatre ans, les mesures disciplinaires n’ont plus suffi. Après quelques infractions, nous l’envoyions se calmer dans sa chambre pour la durée prescrite d’où, plus ou moins contrit, il émergeait pour s’excuser et, peu de temps après, gaffer de nouveau.

Il était en train de mesurer les frontières et l’autorité, et j’ai décidé qu’il fallait passer à une dose disciplinaire plus sévère. Même après avoir exprimé du chagrin à la suite d’une offense grave, j’ai commencé à lui retirer certains privilèges, tels que regarder des vidéos ou s’amuser avec certains toutous favoris. « Si tu recommences encore, plus de vidéos pour le restant de la journée ni demain non plus, » que je lui annonçais.

Bien voilà que, au cours d’une semaine, mon fils s’endette de quatre journées entières sans vidéos. Mais au milieu de la période de punition, regrettant profondément la perte de ses amis de la télé, il m’approche, le visage long de repentir véritable, et me demande de lui enlever une journée sur les quatre prévues.

J’étais frappé, non seulement par la sincérité de son chagrin, mais par la nature de sa requête. Il n’a pas demandé de regarder une vidéo tout de suite — il semblait plutôt saisir qu’il méritait honnêtement d’être puni. Il demandait seulement de lui diminuer son passage dans son « purgatoire » personnel.

Je lui réponds: « Oui, je vais adoucir ta punition d’une journée, si tu te montres très très gentil pour le restant de l’après-midi et de la soirée. »

Un tel régime m’était très difficile à maintenir, étant donné ma nature plutôt décontractée et mon empressement de voir sourire mon fils. Pourtant j’ai opté pour la voie plus difficile et risqué d’apercevoir des larmes de frustration couler sur ses joues.

Inquiet de constater si mes idées sur la discipline étaient saines, j’ai téléphoné à un psychologue réputé, le professeur Ray Guarendi, auteur de la chronique « Family Matters » (affaires de famille), dans le journal National Catholic Register. Parmi ses expertises personnelles, on compte celle, avec sa femme, d’avoir élevé dix enfants.

« Vous avez mis le doigt sur une vérité très courante de la façon moderne d’élever des enfants, me répond-il. Ce qu’on a l’habitude de nommer discipline consiste plutôt à en présenter une version édulcorée pour plaire à la population générale. Ce n’est pas tout d’envoyer un enfant dans sa chambre. La constance dans le mauvais comportement mérite également la constance dans les mesures disciplinaires à prendre. Nos enfants nous mettent à l’épreuve et nous nous devons nous disposer à leur démontrer que nous sommes sérieux lorsque nous affirmons que tel ou tel comportement est mauvais.

« Ce que nous avons à faire comme parents, d’ajouter le professeur Guarendi, c’est de nous former à une approche beaucoup plus vigoureuse en matière de discipline. »

Dans son livre Scripture Matters [La pertinence de l’Écriture] (Emmaus Road, 2003), l’auteur Scott Hahn écrit: « L’une des merveilles du projet de Dieu c’est qu’il a conféré une certaine prêtrise aux pères de famille et aux prêtres, une certaine paternité. D’une part, en effet, au sein de la famille, le père se tient en tant que prêtre et médiateur en présence du Seigneur et d’autre part, au sein de l’Église, le prêtre se tient en tant que père en présence de sa paroisse.

« Voilà une vérité profonde et plus qu’une métaphore. Il s’agit d’une réalité profondément sacramentelle, tissée dans la trame du projet de Dieu et ce, depuis l’origine même. »

Peut-être suis-je sur la bonne voie, pourvu que j’aie toujours à l’esprit que la personne qui est chargée de la discipline doit se soumettre volontiers à la discipline du Père de tous les humains. Comme le fait remarquer l’auteur de la Lettre aux Hébreux, « Quand le Seigneur aime quelqu'un, il lui donne de bonnes leçons; il corrige tous ceux qu'il reconnaît comme ses fils » (Hébreux 12, 6).

Ces propos peuvent sembler durs dans une culture qui considère le mauvais comportement du point de vue de la psychologie laïque et traite les enfants à problèmes en lui prescrivant des médicaments.

Pourtant, je crois que nombreux sont les parents qui imposeraient volontiers de la discipline, si de modèles plus positifs leur étaient présentés. Vous pouvez observer une discipline constante et signifiante tout en vous abstenant de châtiments corporels.