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Le monde a besoin de bons pères

Carl Anderson, chef des Chevaliers de Colomb, nous entretient sur la façon de s’engager dans les Pères pour bien faire


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SPIRITUALITÉ ADAPTÉE AUX PÈRES

Qu’entendons-nous par spiritualité?

par le père Martin Pable, o.f.m., cap

La spiritualité peut se définir ainsi: « l’effort soutenu en vue de grandir dans notre relation avec Dieu ».

Examinons d’un peu plus près cette définition:

1. D’abord, la spiritualité suppose un effort. Il ne s’agit pas simplement d’un ensemble de concepts ou de croyances à conserver dans la tête. C’est à la fois une vision de la vie et une manière de vivre selon cette vision. En d’autres termes, la spiritualité implique un choix à faire et une orientation sur l’action. La spiritualité devrait diriger non seulement notre façon de penser, mais aussi nos prises de décision et nos actions.

2. Ensuite, il s’agit d’un effort soutenu, c'est-à-dire que la spiritualité n’est pas une réalité qu’éventuellement on termine, comme une tâche ou un projet. Nous devons donc nous en occuper, l’alimenter, la perfectionner jusqu’au jour de notre mort. Tout comme la notion biblique de « conversion », la spiritualité est dynamique et sans cesse en marche.

3. Enfin, elle se propose comme objectif notre relation avec Dieu, et suppose qu’il existe déjà dans notre vie une relation avec Dieu. La spiritualité est donc une tâche impliquant que, comme toute autre relation, nous voyions à son développement et à son épanouissement. Pour y arriver, il faut une discipline spirituelle, telle que la lecture de l’Écriture et la prière personnelle.

Entretenir une relation personnelle avec Dieu

Pour le moment, par contre, je préférerais nous centrer sur un élément plus immédiat. Dans mon ministère auprès des hommes, je constate souvent que l’un des obstacles à la croissance spirituelle provient du fait que bon nombre d’hommes ne sont pas convaincus justement d’avoir une relation personnelle avec Dieu, ou du moins, ne se placent pas dans cette perspective.

Est-ce que je poursuis my spiritualité pour les mauvaises raisons?

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Ou plutôt envisagent-ils la spiritualité uniquement comme une série de pratiques telles que la prière, participer à l’Eucharistie, se présenter au sacrement du pardon, aider son prochain, toutes ces choses étant louables en soi, évidemment, mais qui ne vont pas jusqu’au cœur de la spiritualité. Car je pourrais décider d’accomplir tous ces gestes pour des motifs erronés: la peur d’aller en enfer, me sentir bien dans ma peau, impressionner mon entourage, faire cesser ma femme de passer ses remarques.

Par analogie, on pourrait penser au golfeur qui se contentererait à ne pas bouger la tête, à se plier les genoux, dresser les poignets, accompagner son coup, mais oubliant que l’objectif du jeu c’est de frapper la balle sur le vert et dans la coupe.

Il faut souligner la grande vérité selon laquelle, dans la tradition chrétienne, la spiritualité commence avec Dieu et non avec soi-même. Psychologiquement, toutefois, c’est avec nous qu’elle commence, en ce sens que, à un moment donné de notre évolution, nous ressentons notre désengagement, notre solitude, nos limites profondes, notre désillusion devant ce qui n’est que miroitement et séduction, et nous espérons ardemment trouver quelque chose ou quelqu’un capable de vraiment nous combler. Consciemment ou inconsciemment, c’est Dieu que nous cherchons.
Pourtant l’heureux message, la Bonne Nouvelle, selon les Écritures, c’est que Dieu, lui, est à notre recherche.

Cette dynamique se manifeste à maintes reprises dans les Écritures, depuis le récit de la Chute, jusqu’à la parabole de la brebis perdue et retrouvée racontée par Jésus, dans laquelle le pasteur (image du Seigneur) part à la recherche de l’unique qui s’est égarée.

Un tel zèle apparaît également dans le tableau où Jésus dit: « Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi » (Apocalypse 3, 20). À remarquer de nouveau de qui vient l’initiative: c’est le Christ qui vient frapper à la porte et nous appeler à lui.

Toutefois, jamais il ne s’imposera dans nos vies. Nous devons lui ouvrir la porte de notre cœur, ce qui ne peut se produire que de l’intérieur — soit, de notre propre volonté libre. Cependant, si nous faisons ce choix, Jésus nous promet qu’il viendra partager un repas avec nous. Au Moyen-Orient, partager un repas c’est le signe d’une amitié bien particulière. Et nous voilà de nouveau devant l’essence même de la spiritualité: une relation personnelle.

Alors d'abord et avant tout, c'est Dieu qui nous sollicite, qui nous invite.

Dieu à notre recherche

Alors d’abord et avant tout, c’est Dieu qui nous sollicite, qui nous invite. C’est le premier temps de la spiritualité. Le deuxième temps relève de nous: nous pouvons choisir d’ignorer son invitation ou y répondre en nous engageant dans une relation personnelle avec Dieu – ou avec Jésus Christ seul, si la relation avec lui nous semble plus facile; peu importe, parce qu’une relation avec Personne divine nous introduira dans une relation avec les trois Personnes de la Trinité.

En affirmant que nous pouvons choisir d’ignorer l’invitation de Dieu, je ne laisse pas entendre qu’il s’agisse d’une décision consciente. La plupart du temps, j’ai l’impression que nous soyons simplement trop distraits ou préoccupés pour reconnaître que Dieu s’adresse à nous.

Un jour, j’ai entendu Anthony De Mello remarquer que notre société ne cesse de nous fournir « des stupéfiants » qui nous engourdissent notre conscience spirituelle: les produits de consommation, certaines formes de divertissement, le travail trop absorbant, le besoin de bien paraître, d’être accepté, de se sentir puissant. Quand nos sens et notre imagination sont distraits par toutes ses préoccupations, il est difficile, en effet, d’entendre l’appel de Dieu au plus profond de nos âmes.

Le présent article est un extrait de The Quest for the Male Soul (La Quête de l’âme masculine) – (Ave Maria Press, 1996). La traduction a été établie par le secrétariat du Conseil suprême.

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