Un Père pour l’éternité

Il n'y a pas de plus grand amour: Saint Thomas More

À quoi renonceriez-vous pour sauvegarder la vérité?

Votre emploi? Votre maison? Votre argent? Votre vie? Thomas More, saint et martyr du XVIe siècle a sacrifié tout cela et bien davantage.

Il a tout sacrifié pour que la vérité soit sauvegardée, suivant sa conscience et en vue de défendre le lien sacré du mariage que le roi Henri VIII voulait rompre pour épouser Anne Boleyn. Thomas More s’est porté à la défense de la vérité de manière à ce que ni sa femme, ni sa fille bien-aimée, Meg, ne soient exposées à la colère du roi ou aux procédures judiciaires qui ont entraînées sa décapitation.

Plusieurs parmi nous le connaissent pour avoir vu le film tiré de la pièce de théâtre de Robert Bolt, Un Homme pour l’éternité. Paul Schofield, dans le rôle de sir Thomas More, incarne brillamment le Lord Chancelier d’Angleterre comme étant un homme d’une intelligence supérieure et maîtrisant admirablement ses émotions, le tout, doublé d’un être épris de justice. Dans l’accomplissement de ses devoirs comme haut fonctionnaire, il est prudent et réfléchi, mais jamais scrupuleux.

Il s’avère également un homme d’une grande diligence et un père de famille exemplaire animé d’une profonde affection pour son épouse et sa fille, leur écrivant de longues lettres lorsqu’il devait s’absenter, par affaires, du domaine familial situé en banlieue de Londres. Durant une période turbulente de l’histoire, il souhaitait ardemment que sa famille vive en paix et à l’aise.

Thomas More est un modèle de père, à cause de son courage et de sa fidélité face à la mort, affirmant juste avant d’être décapité qu’il mourait « en fidèle serviteur du Roi, mais avant tout de Dieu ». Un tel exemple peut nous inspirer une certaine force morale. Peu nombreux sont cependant les pères qui auront à traverser une telle épreuve. Comme Thomas More le reconnaît dans ses lettres écrites durant son incarcération à la Tour de Londres, un tel héroïsme est une grâce de Dieu pour laquelle il faut prier mais qui n’est pas méritée d’avance.

Les pères trouvent en Thomas More un modèle, parce que bien avant qu’il ne se présente devant son bourreau, il était résolu – dans sa vie quotidienne – à offrir sa vie pour sa famille et servir sa communauté. Il se retrouvera fréquemment confronté aux exigences conflictuelles émanant de son devoir de mari et de père et celui conféré par le poste éminent qu’il occupe dans le royaume. Ses lettres laissent d’ailleurs entendre qu’il n’était pas convaincu de toujours atteindre l’équilibre souhaité. Il était pourtant bien conscient de cette dychotomie. Quotidiennement, il s’efforcera donc d’assumer les responsabilités émanant de sa vie privée et de sa vie publique.

À la fin, il se rendra compte que son service premier en tant qu’homme, mari et père doit d’abord être rendu à Dieu le Père. Son témoignage et son exemple s’appliquent à toutes les époques. C’est pourquoi, nous parlons de lui en tant que « père pour l’éternité ».

Dans son livre intitulé Une civilisation de l’amour, Carl Anderson présente d’excellentes perspectives sur les leçons qu’offre Thomas More en rapport avec la culture actuelle.

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