L’argent et la morale

Le directeur en chef des investissements des Chevaliers de Colomb discute du maniement de l’argent selon des principes catholiques.

La plupart des catholiques connaissent les Chevaliers de Colomb, mais beaucoup ne sont pas au courant que l’organisme fraternel catholique gère une société d’assurance vie et d’annuité de plus d’un milliard de dollars qui offre la sécurité financière aux membres et à leurs familles. Ayant son siège social à New Haven, Connecticut, où l’Ordre fut fondé en 1882 par le Vénérable abbé Michael McGivney, les Chevaliers de Colomb a 75 milliards de dollars d’assurance vie en vigueur  protégeant ses détenteurs de polices. 

Anthony Minopoli se tient au courant des marchés à partir du département des investissements des Chevaliers de Colomb.

Anthony Minopoli se tient au courant des marchés à partir du département des investissements des Chevaliers de Colomb.

Le responsable des investissements financiers de l’Ordre au Conseil Suprême, Anthony Minopoli, est devenu directeur en chef des investissements en 2005. Il a guidé les Chevaliers de Colomb à travers la récession turbulente et a amené un retour appréciable tout en suivant la politique de la société en investissant selon les principes catholiques. 

Minopoli, âgé de 41 ans, est devenu membre des Chevaliers en 1994 et est un ancien grand chevalier de deux conseils locaux au Connecticut. Il est marié et père de deux enfants. Il discuta avec Pères pour bien faire au sujet de l’argent et la moralité.

PÈRES POUR BIEN FAIRE: Comme société d’assurance vie et d’annuité, les Chevaliers de Colomb ont évité les pires effets du récent effondrement économique. Qu’avez-vous fait de correct?

Minopoli: Ce qui distingue les Chevaliers de Colomb est notre stratégie d’investissement conservatrice et nous nous assurons que nous suivons cette philosophie durant les bonnes années économiques, mais aussi durant les mauvaises. Nous voulons générer le plus haut taux de rentabilité que nous pouvons, mais nous voulons le faire tout en maintenant le plus haut taux de contrôle de risque dans le portefeuille. Donc il y a des endroits où nous allons prendre des risques dans le portefeuille, mais nous le faisons après une analyse minutieuse et sérieuse. 

Mais la grande majorité de nos investissements, peut-être presque 90 pour cent, est dirigée vers des obligations de sociétés bien établies. Nous nous concentrons donc sur les fondements et travaillons fort pour comprendre la société dans laquelle nous voulons investir afin de comprendre ce qu’ils font et leur modèle de revenu.

De plus, nous vivons selon le principe de base qu’il n’y a pas de transactions que nous devons faire. Il y a toujours un autre jour, il y a toujours une autre opportunité. Si quelque chose est extrêmement compliquée, si quelque chose semble étrange, nous ne nous impliquons pas, même si tous les autres en achètent.

Comme le Chevalier Suprême Carl Anderson a souvent dit, nous avons évité le marché des prêts hypothécaires à risque non parce que nous ne le comprenions pas, mais bien  parce que nous l’avions compris et y avions vu les risques. 

PPBF: Comment investissez-vous selon les principes catholiques?

Minopoli: Une des choses dont nos membres devraient se rendre compte et dont ils devraient être fiers, c’est que nous dirigeons un portefeuille contrôlé éthiquement. Notre portefeuille se plie aux principes des enseignements de l’Église Catholique. Nous vérifions les sociétés si elles ont des liens avec l’avortement, la contraception, le clonage humain, la recherche sur les cellules souches d’embryons humains, les sociétés de soins de santé à but lucratif qui paient pour aucun des susmentionnés et la pornographie.

 Cependant, les résultats de notre capital actions ont été très compétitifs avec le marché en général et nos membres peuvent en être très fiers.

Notre capital actions a donné de meilleurs résultats que le “Standard & Poor’s 500,” qui constitue la norme des index de capital actions depuis les derniers cinq ans et même depuis les derniers 10 ans. Nous sommes un peu en arrière sur une période de trois ans, mais sur cinq et 10 ans, nous sommes en avance. Il est peut-être possible que les sociétés qui opèrent selon des principes moraux obtiennent de meilleurs résultats ensemble, mais le fait demeure que l’on n’a pas besoin de s’adonner à des pratiques moralement contestables pour faire de l’argent. En fait, je peux vous dire que gérer notre portefeuille conformément à l’éthique ne nous a pas forcé à offrir des résultats moins intéressants. Nous pouvons être contents de cela.     

PPBF:  Ces préoccupations éthiques doivent être inhabituelles pour le directeur en chef d’une société valant plus d’un milliard de dollars.    

Minopoli: Oui, mais elles rendent nos investissements plus significatifs.  

J’ai une amie qui travaille dans une grande firme d’investissement très connue de New York. Quand j’ai obtenu ce poste, elle m’a dit que c’était merveilleux que j’allais travailler dans une société où l’objectif n’était chaque jour de faire de l’argent juste pour faire de l’argent. Il y a un but plus élevé à ce que nous faisons.      

Une des raisons pour laquelle j’étais heureux d’accepter ce poste était précisément celle-là. Une partie des revenus que nous allons générer sera utilisée au soutien d’œuvres caritatives et religieuses  des Chevaliers de Colomb. Je fais donc quelque chose que j’aime, pour une société que j’aime et le faire pour une cause plus grande qui aide à améliorer les vies de plusieurs de nos membres et de ceux que nous aidons par la charité. 

PPBF: Parlez-nous de l’aspect moral de travailler avec l’argent des autres.

Minopoli: Il y a une obligation morale que j’ai envers notre employeur, nos membres et par extension à leurs familles qui sont couvertes par nos certificats.

Je l’explique de cette façon. Aux Chevaliers de Colomb, nous n’avons pas de clients, nous avons des membres. Comme membre de longue date moi-même, je sais ce que ceci signifie et cela me guide dans tout ce que je fais.

Nous prenons sérieusement, à tous les jours, le fait que nous gérons cet argent pour nos membres, pour des frères chevaliers et leurs familles. Ils comptent sur nous pour leur donner la sécurité financière et les revenus qu’ils méritent.

Quand je vais chaque mois à ma réunion de conseil, soit comme grand chevalier et maintenant comme ex-grand chevalier, je dois regarder ces individus dans les yeux et savoir dans mon cœur que j’ai fait le meilleur travail pour eux et leurs familles. Ils travaillent fort pour mettre de la nourriture sur la table et pour envoyer leurs enfants aux études, pour payer l’hypothèque chaque mois et épargner pour la retraite – et nous devons travailler fort de notre côté pour s’assurer qu’ils reçoivent le plein rendement sur ce qu’ils investissent chez nous comme Chevaliers de Colomb.

Nous sommes un organisme catholique et gérer avec éthique de l’argent est un volet important de qui nous sommes et de ce que nous essayons d’accomplir à long terme.

Pour de plus amples renseignements sur les Chevaliers de Colomb, visitez www.kofc.org.