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Engagez-vous: pratiquez le don de vous-même

par le docteur Richard Fizgibbons

 

Des Pères pour bien faire: Est-ce bien important qu’un père soit engagé envers sa famille?

Docteur Fitzgibbons: C’est tellement important que nous, pères catholiques, étant conscients que nous sommes les protecteurs et les chefs de nos familles, nous faisons grand cas de notre mariage et de notre famille et de notre femme.

Il importe d’abord que nous nous consacrions au Seigneur. Ensuite, pour être de bons pères, nous devons être de bons maris, c’est pourquoi nous devons aimer nos femmes et montrer à nos enfants à aimer nos femmes.

 DPPBF: Pouvez-vous énumérer quelques façons qu’un père peut s’y prendre pour s’engager davantage?

Docteur Fitzgibbons: Je pense qu’il est important pour plusieurs hommes de se comprendre d’abord eux-mêmes, puisque nous, les hommes, nous avons quelques faiblesses. Il est vrai que nous sommes appelés à être des chefs solides, mais pas des contrôleurs ou des dominateurs. Nous devons maîtriser notre colère en pardonnant.

Les hommes nous éprouvons quelques difficultés à vanter les mérites des autres, c’est pourquoi il est important que nous le fassions pour nos enfants. Mais c’est très important aussi de corriger nos enfants. Nous ne devrions pas être des pères permissifs. Plusieurs pères sont permissifs, engagés davantage dans les sports, et ils ne se préoccupent pas suffisamment d’enseigner à leurs enfants à se former le caractère, ce qui, pour les jeunes hommes, est plus important que la force physique et, pour les jeunes filles, plus important que la beauté physique ou l’image corporelle. Il est très important de former vos enfants à la vertu.

DPPBF: Quels sont quelques facteurs qui pourraient empêcher un père de s’engager envers ses enfants et sa femme?

Docteur Fitzgibbons: D’après mon expérience de 32 ans de travail avec des milliers de pères, je constate que la plupart d’entre nous désirent fondamentalement être de bons pères, mais ce qui nuit le plus dans cet effort, c’est le stress. Différents types de stress nous portent à nous retourner sur nous-mêmes.

Il y a le stress qui provient des inquiétudes d’argent et de financement, ce qui est un problème majeur de nos jours; le stress qui provient de l’égoïsme, ce qui constitue une véritable épidémie dans notre culture actuelle et une des principales causes de divorce. Il y a aussi le manque d’équilibre dans nos vies – entrer trop tard au foyer, ne pas avoir suffisamment confiance au Seigneur au travail. Parmi d’autres problèmes, notons l’absence d’une vie de prière profonde ou le manque de soutien émotif dont les hommes ont besoin de la part d’autres hommes.

DPPBF: La femme joue-t-elle un rôle important quand il s’agit de soutenir l’engagement de son mari?

Docteur Fitzgibbons: Encore là, dans le mariage on est d’abord convoqué à se consacrer au Seigneur et ensuite à se donner à son mari ou à sa femme. Malheureusement, nombre de femmes sont déjà blessées profondément, même avant leur mariage, par le divorce de leurs parents, ou par l’alcoolisme au sein de la famille, ou une expérience d’avortement.

Ces facteurs font en sorte que les femmes se retournent sur elles-mêmes, ce qui limite leur capacité d’avoir confiance en leurs maris. La confiance, c’est essentiel, c’est le fondement du don de soi. Plusieurs femmes sont aux prises avec cette faiblesse et elles gagneraient beaucoup à se dire chaque jour: « Je veux vraiment avoir confiance en mon mari. Je désire lui traiter avec respect et être pour lui un exemple de comportement respectueux, sans essayer de le contrôler, de lui faire confiance et de l’aimer. »

DPPBF: Le repas familial, est-ce bien important?

Docteur Fitzgibbons: Nous avons découvert, grâce à de nombreuses recherches et études que le repas familial est associé étroitement à la santé psychologique des adolescents et des jeunes adultes. D’autre part, les jeunes qui sont privés du repas familial ont de graves problèmes de colère excessive, de performance médiocre à l’école, de dépression et d’abus de substances psychoactives.

C'est pourquoi le rassemblement à table est extrêmement important pour se soutenir les uns les autres, exprimer notre reconnaissance envers le Seigneur, et pratiquer la correction fraternelle. Cette rencontre devient une école de vertu. Les pères ne peuvent pas surestimer cette expérience de vie que constitue le repas familial, de sorte que les pères ont à gérer attentivement leur horaire de travail pour assurer leur présence au foyer avec leur famille tous les soirs.

DPPBF: Comment un père arrive-t-il à assurer l’équilibre travail-famille?

Docteur Firzgibbons: Eh bien, il s’agit d’un énorme défi de nos jours. C’est un défi immense, étant donné les pressions auxquelles les hommes sont soumis dans leur cheminement de carrière.

Il faut dire non parfois aux exigences excessives de l’emploi, et tâcher de limiter le montant de travail à faire le soir, faire tous les efforts nécessaires pour rentrer à temps pour le repas du soir. Faites-vous une vie équilibrée, demandez-le comme grâce au Seigneur.

Prenez rendez-vous avec votre femme quelques soirs par moi – même si ce n’est que faire une promenade ensemble. Les femmes ont vraiment besoins d’amitié conjugale, et souvent elles y tiennent plus que nous, puisqu’elles sont plus sensibles au côté émotif de la vie que les hommes.

DPPBF: Sur le site Internet Des Pères pour bien faire, nous avons un balado du docteur Brad Wilcox de l’université de Virginie dans lequel il explique à quel point c’est important pour un père d’être le chef spirituel de sa famille. Quel est votre point de vue sur cette question?

Docteur Fitzgibbons: La virilité et la prière vont de pair. Nos enfants doivent nous percevoir et nous respecter en tant que chefs spirituels.

La réalité c’est que chaque homme veut être fort. C’est un des désirs majeurs de la masculinité. Ce ne sont pas d’abord les muscles ou les sports qui nous rendent forts, bien que ces éléments soient très importants. L’élément le plus important c’est la foi. La foi rend les hommes forts.

DPPBF: D’après vous, quel effet entraîne l’absence du père?

Docteur Fitzgibbons: Eh bien, le Catéchisme de l’Église catholique parle du divorce comme de la peste. Et nous sommes en plein dans la peste. Un des aspects le plus pénibles de mon travail c’est de rencontrer tant de jeunes – enfants, adolescents, adultes – atteints de blessures graves causées par le divorce: méfiance, tristesse, colère, insécurité. L’absence des pères entraîne des ravages dans notre culture actuelle.

DRPBF: Qu’avez-vous comme conseil final pour les hommes et les femmes qui pourraient lire cette entrevue?

Docteur Fitzgibbons: Eh bien, je crois qu’il nous faut grandir. Je crois que la réalité c’est que dans notre culture nous sommes devant une épidémie d’égoïsme en plein sacrement de mariage. Nous devons tout faire pour le reconnaître et lutter contre cette situation.

Nous avons besoin de nous engager à être des pères généreux – généreux quant au nombre d’enfants que nous avons, généreux dans l’accomplissement de la volonté du Seigneur. Par contre pour arriver à nous donner si généreusement, nous avons besoin d’appui, parce que la source se tarit rapidement.

En tant qu’hommes catholiques, nous avons besoin de nous faire une vie de prière, de temps à nous avec le Seigneur. Si vous pouvez vous rendre souvent à l’Eucharistie, allez-y.

Un de mes passages préférés de l’Écriture c’est celui-ci: « Un frère qui est fortifié par un frère est comme une ville forte ». Les Chevaliers de Colomb peuvent être une grande source de soutien pour les hommes. Nous avons tous besoin d’autres hommes pour nous aider à devenir de bons maris et de bons pères catholiques.

Le docteur Richard Fizgibbons, est psychiatre et directeur de l’Institute for Marital Healing (www.maritalhealing.com) À l’occasion d’une entrevue avec Des Pères pour bien faire, il indiqua comment les pères peuvent s’engager envers leurs familles et tenir bon.