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Le monde a besoin de bons pères

Carl Anderson, chef des Chevaliers de Colomb, nous entretient sur la façon de s’engager dans les Pères pour bien faire


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L’amour


L’amour, une affaire de gars

Messieurs, d’entrée de jeu, une bonne nouvelle! L’amour n’a rien à voir avec les scènes romanesques de films auxquelles vos blondes vous traînaient, ou avec les paroles de cette chanson dont votre esprit n’arrivait pas à se débarrasser. Bien sûr, les émotions entrent en ligne de compte quand il s’agit de l’amour, et puis ça vous fait un petit velours, mais ce ne sont pas là les éléments importants de l’amour, et de plus ils ne durent pas pour toujours.

Pourtant, c’est un fait que l’amour – un sujet que les hommes évitent si souvent d’aborder avec les copains ou même avec leurs femmes – est tout à fait une affaire de gars. Ne me croyez pas sur parole, écoutez plutôt ce qu’en dit le Seigneur Dieu.

« Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis, » assurait Jésus la nuit avant d’être crucifié.

oilà une réalité qui nous dit quelque chose. L’amour a plus à voir avec les actes qu’avec les sentiments. De fait, l’amour peut exiger de surmonter vos émotions afin d’agir par amour. Après tout, qui a le goût de donner sa vie pour ses amis, ou même sa famille? La peur émotive de la mort doit être vaincue, pour que soit révélée la vraie nature de l’amour.

Action, fermeté, ténacité, persévérance, sacrifice – voilà encore des affaires de gars.

Poursuivons.

Voici une parole que vous n’avez pas entendue dans l’homélie ces derniers temps, pourtant c’est bien ce qu’enseigne l’Église: l’amour est un acte de volonté. Allez voir dans le Catéchisme de l’Église catholique au numéro 1766: « Aimer, c’est vouloir du bien à quelqu’un ». Toutes les autres affections ont leur source dans ce mouvement originel du cœur de l’homme vers le bien.»

L’amour concerne d’abord et avant tout la volonté et non les émotions. Encore une affaire de gars.

L’amour suppose qu’on y verse sueur, larmes et sang – l’homme total et tout ce qu’il peut accomplir pour sa bien-aimée. La littérature s’est penchée si souvent sur ce thème, depuis les anciens Grecs jusqu’à nos jours. L’amour se heurte aux frontières, s’efforce de rejoindre l’éternel, saute par-dessus la lune et court toute la nuit pour arriver à sa bien-aimée.

Après tout, quel homme ne se trouve pas jusqu’au fond de lui-même prêt à se lancer à la recherche du rêve impossible, ayant recours à la dernière goutte de son courage, afin d’en arriver à l’inatteignable étoile. Un peu « quétaine » peut-être tout cela, mais passionnant et source d’inspiration tout de même. Pour aimer, les hommes doivent avoir de l’idéal, des rêves, des aspirations impossibles à atteindre, des dangers à surmonter et des conquêtes à poursuivre.

Revenant à la voie spirituelle, nous arrivons à saint Paul qui a eu des paroles de sagesse à exprimer sur l’amour, dont souvent la portée nous échappe, perdue dans le contexte fébrile d’un mariage, où elles sont si souvent proclamées. Prenons un moment pour réfléchir à ses paroles, plongés que nous sommes dans le contexte de la force et de la vertu viriles.

L'amour prend patience,  l'amour rend service;  l'amour ne jalouse pas;

il ne se vante pas, ne se gonfle pas d'orgueil; il ne fait rien de malhonnête;

il ne cherche pas son intérêt; il ne s'emporte pas; il n'entretient pas de rancune;
il ne se réjouit pas de ce qui est mal, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai.

Il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout.

L'amour ne passera jamais…

Ce qui demeure aujourd’hui, c’est la foi, l’espérance et la charité; mais la plus Grande des trois, c’est la charité.

Remarquez comment saint Paul décrit d’abord ce que l’amour n’est pas d’abord (jalousie, vantardise, rancune), pour affirmer ensuite ce qu’il fait (supporte tout, fait confiance en tout, espère tout, endure tout). Quel schéma extraordinaire de l’amour, une description qui devrait vraiment plaire aux hommes!

Finalement, arrêtons-nous sur notre pape actuel, Benoît XVI. Qu’a-t-il à dire sur l’amour? Il a écrit tout un volume, ou du moins sa première encyclique (document de formation), sur le sujet. Ne vous laissez pas effrayer par le latin, Deus Caritas Est veut dire Dieu est amour.

L’amour et Dieu peuvent prendre des airs désespérément féminins seulement si vous estimez que la religion c’est uniquement pour les femmes et les enfants, ou si vous avez abandonné la recherche des plus profonds mystères de la vie et de l’inatteignable étoile. La religion – la quête de la perfection, de l’immortalité, de la vérité, de la beauté, de l’ultime signification des choses – est sans conteste une affaire de gars, ou du moins devrait l’être.

Dans sa lettre sur l’amour, le pape Benoît se prononce assez ouvertement sur les hommes, les femmes et la sexualité. Il note que l’éros, entendu comme désir sexuel est bon et sain. C’est une des composantes de l’amour que le Seigneur Dieu sème dans nos cœurs, pour nous sortir de nous-mêmes et nous porter vers une autre personne. Pourtant, l’éros débridé peut se transformer en un désir égoïste qui n’a d’yeux pour l’autre uniquement comme un objet sexuel plutôt qu’une personne totale.

L’éros – immature et centré sur soi – doit être tempéré et purifié par agapè qui est, comme l’explique le pape « L’amour devient maintenant soin de l’autre et pour l’autre. Il ne se cherche plus lui-même (…), il cherche au contraire le bien de l’être aimé: il devient renoncement, il est prêt au sacrifice, il le recherche même. »

 Eh oui!, vous l’avez deviné, c’est une affaire de gars.